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Sa « vie d’avant » s’était achevée doucement. Elle avait su y mettre fin en douceur. La vie qu’elle menait depuis deux ans était une transition vers sa nouvelle vie. Celle dont elle avait rêvée enfant et qu’elle pensait maintenant possible à mener. Faite de voyages. De farniente. De rires. Cette étape dans ce nouveau village lui semblait être enfin le début de cette nouvelle vie. Elle était confiante, sa foi en la vie était grande, et le destin allait s’occuper de lui procurer la vie dont elle rêvait. C’était aussi simple que ça. Cette “vie d’avant” n’aurait été qu’une grande parenthèse, celle que l’on s’impose par mimétisme social. 

Et elle avait raison, car après quelques semaines passées dans ce village où planait la douceur de vivre, elle fit la rencontre de Marco. Par le biais d’ateliers virtuels dans un premier temps, en groupe, puis en discussions resserrées jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils habitaient non loin l’un de l’autre. La décision fut prise de se rencontrer dans un café de bord de plage. Il avait su être patient. Ces longs échanges l’avaient convaincu de se rapprocher. Ils étaient alignés sur la majorité des sujets, partageaient un même optimisme, une même joie de vivre, et tout deux avait vécu de longues séparations pour des motifs identiques. Une lassitude de la vie “conventionnelle”. Le désir de se réaliser. Une impatience. Et finalement le subtil rejet de l’autre, subtil dans la mesure où c’était les conjoints qui avaient fini par s’éloigner, ne supportant plus cette attitude. 

La rencontre fut à la hauteur de leurs espoirs. Ils se virent. Se revirent. Et se revirent encore.