Sélectionner une page

Je n’ai connu que peu de cadavre.

Cet après-midi, dans mon vol long courrier, entre son départ et son arrivée, alors que l’essentiel des voyageurs dormaient, une annonce. On recherche un médecin car un passager a fait un malaise.

Je vois de mon siège un attroupement se créer à quelques rangées devant mon fauteuil. Les stewards et hôtesses affairés à sortir les kits médicaux qu’ils possèdent. Qu’ils vont utiliser pour la première fois.

La foule s’est massée, je n’aperçois rien de bien concret. Si ce n’est de sombres idiots qui filment avec leurs téléphones.

Quelques minutes plus tard j’aperçois un steward en nage.

Puis la foule se dissipe petit à petit. Le silence regagne. Les passagers se replongent dans leur film ou leur sommeil.

Quelques instants plus tard, j’aperçois les pieds qui dépassent d’une personne allongée dans la largeur entre deux allées.

Plus tard encore, les stewards s’affairent à emballer dans des sacs plastiques les pieds que j’apercevais. Puis je devine qu’ils emballent d’autres parties.

Je comprends que le malaise s’est révélé fatal.

On termine le voyage avec cet homme mort au dessus de l’océan qui sépare deux continents.